Contamination des eaux de surface par les pesticides

Herbicides, insecticides et fongicides

La présence de pesticides peut représenter des risques pour :

  • l’approvisionnement en eau potable de qualité,
  • la santé des écosystèmes aquatiques.

Lutter contre les pesticides dans l’eau, une priorité dans le bassin versant de la rivière Chaudière

Pesticides dans les cours d’eau : où en est-on?

Le Plan directeur de l’eau 2024-2034 a mis de l’avant l’objectif 31 : D’ici 2034, assurer 3 fois la mise à jour des données de qualité d’eau associées aux pesticides pour au moins 3 rivières de la ZGIE Chaudière (Beaurivage, Chaudière, bras d’Henri). Les derniers résultats remontant à 2015, le COBARIC a procédé à de l’échantillonnage en 2024. Nous possédons dorénavant des données sur les pesticides dans l’eau des rivières Chaudière (2015), Beaurivage (2015 et 2024),  Bras d’Henri (2012 et 2024) et des Îles Brûlées (2024).

Nous avons analysé les résultats et nous vous présentons les faits saillants de notre étude dans la section qui suit.

Pour aller plus loin, le tableau synthèse de notre analyse sur les 4 rivières peut-être consulté en cliquant sur le bouton ci-dessous.

Quelles tendances pour les pesticides dans les rivières?

D’abord, la majorité des pesticides détectés dans les cours d’eau sont des herbicides. Toutefois, quelques insecticides et fongicides ont tout de même été détectés. Pour les trois rivières suivies en 2024, un seul échantillon présentait un dépassement de critère de qualité d’eau. Ce dépassement ne concernait qu’un seul pesticide. Par conséquent, la situation semble s’être améliorée par rapport aux rivières suivies en 2012 et 2015, puisque plusieurs dépassements avaient été observés.

Par ailleurs, les résultats obtenus pour les néonicotinoïdes dans la rivière Beaurivage et le Bras d’Henri démontrent que leur utilisation a fortement diminué. De plus, ces résultats suivent une tendance observée ailleurs au Québec par le MELCCFP entre 2015-2017 et 2018-2020. Par conséquent, ceux-ci sont remplacés par un autre insecticide utilisé dans le traitement des semences, le chlorantraniliprole. Ce dernier est moins toxique pour les abeilles. Cependant, il est extrêmement toxique pour les invertébrés d’eau douce, soit les larves d’insectes composant la base de la chaîne alimentaire dans les cours d’eau. Ainsi, ce changement d’usage n’est pas sans impact pour les écosystèmes.

Parallèlement, l’utilisation de  l’atrazine est à la baisse depuis quelques années, car il est remplacé par des produits de nouvelle génération (sulfonylurés). Cependant, on retrouvera dans l’environnement des traces de ce pesticide et ses produits de dégradation pendant plusieurs années à cause de sa persistance dans l’environnement.

Enfin, le glyphosate demeure très présent dans les cours d’eau, de même que le S-métolachlore. D’ailleurs, il s’agit de deux herbicides utilisés dans les cultures de maïs, de soya, de pommes de terre et d’autres productions maraîchères.

Sources de contamination et impacts des pesticides sur l’eau

Les pesticides présents dans les eaux de surface proviennent de plusieurs activités humaines réparties sur le territoire du bassin versant de la rivière Chaudière. Comprendre leurs sources et leurs impacts est essentiel pour mieux évaluer les risques pour la qualité de l’eau et orienter les actions de protection. Ainsi, une meilleure compréhension de ces facteurs contribue à orienter les efforts de suivi et à renforcer les mesures de protection de l’eau.

D’où proviennent les pesticides et comment affectent-ils la qualité de l’eau ?

Les pesticides proviennent principalement des activités agricoles et récréatives et peuvent contaminer l’eau de surface (cours d’eau) et les nappes souterraines, augmentant ainsi les risques pour l’eau potable et les coûts de traitement.

Agriculture et autres activités utilisant des pesticides

Selon le Plan directeur de l’eau 2024-2034 :

  • Les activités agricoles occupent 19 % de la superficie du bassin versant de la rivière Chaudière. Ce secteur utilise régulièrement des pesticides pour protéger les cultures des insectes nuisibles (insecticides), des mauvaises herbes (herbicides) et des maladies causées par des champignons (fongicides).
  • À cela s’ajoutent les terrains de golf, au nombre de 13 établissements. Ils utilisent eux aussi certains produits pour l’entretien des pelouses.
  • Les pesticides peuvent aussi être utilisés pour l’entretien des végétaux en horticulture et en foresterie (insecticides). Cependant, on manque de données sur l’utilisation des pesticides dans ces différents secteurs. Pour le moment, nous ne pouvons pas évaluer leur impact sur la qualité de l’eau.

Des risques pour l’eau potable ?

Quelques municipalités puisent leur eau potable dans la rivière Chaudière. Toutefois, même si les usines de traitement peuvent rendre l’eau potable, une qualité d’eau dégradée par la présence de pesticides est possible. Cela pourrait augmenter les coûts de traitement.  De plus, pour ceux qui utilisent l’eau des puits, il est important de noter que les pesticides peuvent également pénétrer dans les nappes souterraines et contaminer l’eau potable.

Un manque d’informations

Il reste beaucoup à apprendre sur la présence et l’impact des pesticides, notamment sur la faune aquatique. On remarque de plus en plus de questionnement sur les impacts cumulatifs des différents pesticides dans l’environnement. En effet, si les programmes de surveillance actuels (Réseau-Rivières et Indice de santé du benthos) donnent une idée générale de la qualité de l’eau, ils ne permettent pas de suivre les pesticides. Par ailleurs, les échantillonnages se sont concentrés en milieu agricole, alors que d’autres secteurs comme la foresterie et le récréotourisme pourraient aussi avoir un impact sur la qualité de l’eau.

Ensemble contre la contamination des eaux par les pesticides : Les objectifs du Plan directeur de l’eau de la zone Chaudière

  • Étudier l’effet des pesticides sur la faune aquatique présente dans les cours d’eau du territoire.
  • Améliorer les connaissances sur l’utilisation de pesticides par différents secteurs économiques actifs sur le territoire et leur présence dans les rivières.
  • Encourager l’adoption de pratiques agricoles permettant de réduire les indices de risques relatifs aux pesticides.
  • Renforcer la réglementation sur l’utilisation de pesticides en zones urbaine et riveraine.
  • Promouvoir l’utilisation raisonnée de pesticides.
Des classes de 5e et 6e année du primaire écoutent attentivement les intervenants du COBARIC et de l'Association des propriétaires de boisés de la Beauce sur l'important des arbres pour l'environnement et, plus particulièrement, l'eau.

Présentation du rôle écologique des arbres à des élèves du primaire, suivie de dons de jeunes arbres, Saint-Georges, 2025

Vous avez agi pour réduire l’apport de pesticides dans les rivières au cours de la dernière année? Faites-le savoir!

Chaque action compte pour préserver et améliorer la qualité écologique du bassin versant de la zone Chaudière. Si vous avez réalisé un projet ou participé à une initiative communautaire dans la dernière année, faites-le savoir en complétant le formulaire ci-dessous! Votre action sera compilée et nous aidera à suivre l’avancement du Plan directeur de l’eau.

S’informer sur les pesticides et les solutions alternatives

Personne ressource

Coordonnées de la personne ressource

Véronique Brochu | Directrice générale
veronique.brochu@cobaric.qc.ca