Inondation de zones avec enjeux et débits de pointe associés

Tout savoir sur l’inondation de zones avec enjeux et débits de pointe associés dans le bassin de la rivière Chaudière. Cet enjeu est retenu comme problématique prioritaire dans le Plan directeur de l’eau.

Comprendre la problématique

« Inondation de zones avec enjeux et débits de pointe associés » est une expression complexe qui peut sonner barbare aux oreilles du commun des mortels. La problématique peut être résumée en un seul mot : inondations. L’expression complète et complexe est celle qui est utilisée dans le cadre de notre mandat avec le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP). Elle donne alors plus de précisions et englobe 2 notions qui lui sont liées. Définissons ces termes.

  • Zone avec enjeux : C’est un endroit, un espace géographique où des humains exercent des activités. Cela peut être des résidences, des commerces, une exploitation agricole, une usine, etc. Lors d’une inondation, qui est par définition un événement imprévisible (ou aléa), on peut s’inquiéter des dommages causés aux résidences ou à l’exploitation agricole située dans la zone. C’est cette préoccupation que traduit le mot « enjeu ».
  • Débit de pointe : C’est le débit de l’eau, mais en fonction d’un événement de pluie ou de fonte de neige donné. Cette quantité est évaluée au plus fort de l’événement ou juste après celui-ci. Chaque cours d’eau a un débit de pointe qui lui est propre. Celui-ci varie tout au long du cours d’eau, selon différents repères géographiques.

La rivière Chaudière est connue pour ses débordements récurrents et importants, les derniers datant de 2019. Dans le bassin versant, plusieurs cours d’eau de plus petite envergure sont aussi sujets aux inondations, notamment les rivières Beaurivage, des Fermes, Calway, Bras Saint-Victor et Famine.

Point PDE

Dans le cadre du suivi de la mise en œuvre du Plan directeur de l’eau (PDE) sur le territoire, le COBARIC a réalisé une synthèse chiffrée des actions et réalisations faites par différents acteurs pour contrer les inondations sur le bassin versant.

La gestion de la problématique en chiffres Fiche d’informations complète

Trois types d’inondations

On distingue plusieurs types d’inondation, selon l’événement qui est à leur origine. Dans le bassin versant de la rivière Chaudière, 3 catégories d’inondations peuvent survenir. Voici une description sommaire de chacune d’elles.

Inondation en eau libre

Les inondations en eau libre sont causées par une forte augmentation du débit et, par le fait même, de la quantité d’eau dans le cours d’eau. Ce type d’inondation est le plus récurrent dans le bassin versant de la rivière Chaudière.

En raison de l’occupation de la plaine inondable, les municipalités de Scott, de Vallée-Jonction et de Saint-Joseph-des-Érables ainsi que la ville de Sainte-Marie sont plus vulnérables. C’est parce qu’elles sont situées sur un tronçon de la rivière Chaudière en pente faible.

Inondation en eau libre à la confluence des rivières des Fermes et Chaudière, Saint-Joseph-de-Érables, 2022.

Inondation par embâcle

Les inondations par embâcle sont causées par l’accumulation de glaces flottantes ou de débris dans une section de cours d’eau. Cette accumulation empêche la libre circulation de l’eau. Ce type d’inondation concerne généralement le tronçon entre Saint-Georges et Scott. Le barrage Sartigan (Saint-Georges) a été érigé en 1967 dans le but de contenir les glaces, de réguler le débit de la rivière en toute saison et de protéger la population.

Embâcle dans la rivière Bras Sant-Victor, Beauceville, 2021.

Inondation torrentielle

Les inondations torrentielles se produisent au moment de précipitations abondantes dans un court laps de temps.

La vulnérabilité à ce type d’inondation peut être accrue par les changements climatiques, la saison et la topographie du territoire. En effet, des inondations torrentielles ont plus tendance à se produire en amont du bassin versant en raison des fortes pentes du territoire.

Dommages causés sur une infrastructure routière suite au passage de la tempête Irène, Saint-Frédéric, 2011.
Source : Richard Poulin

Prévenir les dommages et réduire les risques

À différentes échelles, plusieurs organismes et autorités ont pris en main le risque d’inondation dans le bassin versant de la rivière Chaudière. Nous avons compilé leurs actions et réalisations en 3 catégories (arbitraires) :

  • les actions liées à la surveillance des niveaux d’eau ;
  • les actions concernant l’acquisition ou la production de connaissances sur les phénomènes d’inondations ;
  • les actions de résilience face aux enjeux d’inondation (mesures d’adaptation, de prévention ou encore de mitigation).

Surveillance

Le Système de surveillance de la rivière Chaudière (SSRC) est en place depuis 2009 dans plusieurs municipalités du bassin versant de la Chaudière. Il permet de mesurer en temps réel les débits et niveaux des cours d’eau à l’aide d’échelles limnimétriques ou de sondes à pression.
Le ministère de la Sécurité publique (MSP) assure également la surveillance continue de la crue des eaux de plusieurs cours d’eau à risques via le programme VIGILANCE, dont les rivières Chaudière, Beaurivage, Bras d’Henri et Famine.

Connaissance

Le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) est responsable du projet INFO-Crue (débuté en 2018) pour développer et consolider les connaissances sur l’évolution des zones à risque d’inondation et rendre disponible une cartographie prévisionnelle des secteurs qui pourraient être inondés sur un horizon de quelques jours. Les stations du programme INFO-Crue seront ajoutées aux SSRC dès 2023.

Résilience

Le bureau de projets (BP) Chaudière est coordonné par le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH) depuis 2021. Ses mandats comprennent notamment un plan d’intervention doté de mesures de résilience et d’adaptation s’appuyant sur des analyses et une expertise scientifiques issus du portrait du territoire. Le COBARIC collabore activement aux travaux du bureau de projets Chaudière.

Des actions préventives sont également réalisées pour réduire les risques d’inondations, telles qu’affaiblir le couvert de glace ou surveiller la progression des débâcles.

Documentation supplémentaire

Vous souhaitez affiner vos connaissances sur les inondations?

En 2022, le COBARIC a travaillé à vulgariser les données scientifiques relatives aux inondations du bassin versant de la rivière Chaudière compilées par le Bureau de projet Chaudière. Ce document de vulgarisation scientifique comporte 2 volumes.

Pour toute question ou demande d’information complémentaire, n’hésitez pas à nous contacter par courriel ou par téléphone au 418-389-0476, poste 8.